◗ Sur quelle base se calcule la prime d’ancienneté ?
C’est au texte qui a institué la prime de le prévoir. En principe, la prime d’ancienneté se calcule sur le salaire réel ou sur le salaire minimum conventionnel de l’emploi (peu importe qu’il soit inférieur au Smic), voire sur la base d’un salaire forfaitaire identique pour tous. Si la convention ne précise rien, c’est le salaire réel qu’il faut retenir.
Remarque : lorsque la prime est calculée sur le salaire réel, il y a lieu d’inclure dans la base de calcul les indemnités de chômage partiel versées par l’Etat (Cass. soc., 16 janv. 1992, no 88-43.631 ; Cass. soc., 10 oct. 2007, no 06-42.264).
Dans un certain nombre de cas, la convention collective doit être interprétée. Quelques exemples :
Lorsque la prime est calculée sur la base du salaire minimum conventionnel de la fonction, ce dernier est nécessairement proportionnel à l’horaire du salarié ; en cas de réduction d’horaire, la prime d’ancienneté diminue sans que le salarié puisse exiger son maintien (Cass. soc., 21 févr. 1979, no 77-40.658 ; Cass. soc., 13 nov. 2003, no 01-46.177) ; il faut en déduire que si l’intéressé fait des heures supplémentaires, la base de calcul de sa prime doit prendre en compte ces heures.
Pour les temps partiels, voir no 210-10 ; les absences maladie, voir no 115-15.
◗ La prime d’ancienneté peut-elle être intégrée au salaire de base ?
La prime d’ancienneté conventionnelle peut être intégrée au salaire de base si la convention collective ne s’y oppose pas et sous réserve que le salarié soit d’accord (Cass. soc., 23 oct. 2001, no 99-43.153). Mais attention, la seule fixation d’un salaire supérieur au minimum conventionnel ne suffit pas à prouver cette intégration (Cass. soc., 5 janv. 1994, no 90-43.747).
Remarque : sauf à avoir un écrit mentionnant l’accord du salarié, cette intégration de la prime dans le salaire est donc fortement déconseillée d’autant plus que, ce faisant, la prime est contractualisée. Or, si la suppression d’une prime prévue par un accord collectif s’impose au salarié, ce n’est pas le cas d’une prime contractuelle.
◗ Que faire lorsque la prime se calcule sur les salaires minima et que ces derniers n’ont pas fait l’objet d’un arrêté d’extension ?
L’employeur qui n’est pas adhérent d’un syndicat patronal signataire n’est pas tenu d’appliquer les accords fixant les salaires minima tout le temps qu’ils n’ont pas fait l’objet d’un arrêté d’extension publié au Journal officiel. S’il n’existe aucun accord de salaire minimum étendu, et en l’absence d’accord d’entreprise réglant la question, la prime d’ancienneté doit se calculer sur le Smic (Cass. soc., 6 avr. 1990, no 89-41.674).
◗ Comment s’apprécie l’ancienneté du salarié ?
C’est à la convention collective instituant la prime de définir l’ancienneté. Le plus souvent il faut chercher cette définition dans les clauses générales et vérifier qu’elle s’applique à l’ensemble des avantages conventionnels (Cass. soc., 20 avr. 1972, no 71-40.411). A défaut de précision dans le texte, l’ancienneté correspond à la durée écoulée depuis la conclusion du contrat en cours sans que soient déduites les périodes de suspension de contrat (il ne s’agit pas en effet d’une prime d’assiduité).
Attention, lorsqu’une convention collective devient applicable dans l’entreprise (en l’espèce, l’employeur y avait adhéré), la prime d’ancienneté qu’elle prévoit est due immédiatement aux salariés qui remplissent la condition d’ancienneté requise. Ainsi, lorsque la prime est allouée après 5 ans d’ancienneté, le salarié qui justifie de 5 ans ou plus de présence dans l’entreprise au moment de l’entrée en vigueur de la convention collective a droit à la prime. Autrement dit, c’est l’ancienneté totale du salarié dans l’entreprise qui doit être prise en compte et non celle résultant de la date d’adhésion de l’employeur (Cass. soc., 10 oct. 2007, no 06-43.373).
◗ Quelles sont les périodes que la loi inclut expressément dans l’ancienneté ?
La loi, de son côté, contient des dispositions relatives à l’ancienneté. Ainsi doivent notamment être pris en compte dans l’ancienneté :
Stage antérieur.- La durée d’un stage intégré à un cursus scolaire ou universitaire, en cas d’embauche à l’issue de ce stage s’il a eu une durée supérieure à deux mois, est prise en compte dans le calcul de l’ancienneté (C. trav. art. L. 1221-24 ; L. nº 2011-893, 28 juill. 2011).
Absences du salarié.- Sont pris en compte pour le calcul de l’ancienneté :
Contrats antérieurs.- Sont pris en compte pour le calcul de l’ancienneté :
Temps partiel.- L’ancienneté des salariés à temps partiel est décomptée comme s’ils travaillaient à temps plein (C. trav., art. L. 3123-12).
Voir aussi : autres formations (voir no 145-195 et s.), absences des élus locaux et parlementaires (voir no 145-230), absences liées à des activités extraprofessionnelles (voir no 145-235 et s., congés pour motifs personnels, voir no 145-100 et s.).
◗ A quoi servent les arrêtés Parodi ?
Dans les professions où il n’a pas été conclu de convention collective (ce qui est rare), les arrêtés Parodi (qui ont fixé le montant des salaires avant 1950), continuent de s’appliquer lorsqu’ils prévoient une prime d’ancienneté. La prime d’ancienneté doit alors être calculée sur la base du salaire minimum (très faible) prévu par l’arrêté Parodi correspondant au secteur d’activité et non sur le Smic (Cass. soc, 23 sept. 1982, no 80-40.250) ou le salaire réel (Cass. soc., 2 mars 1960, no 58-40.481).
Remarque : la dénonciation ultérieure d’une convention collective n’équivaut pas à une absence de convention et par conséquent n’a pas pour effet de faire revivre les arrêtés Parodi (Rép. Dolez, JO AN, 1er janv. 1990).
◗ La majoration du salaire minimum pour ancienneté est-elle une prime d’ancienneté ?
La majoration pour ancienneté prévue par certaines conventions collectives est une majoration du salaire minimum intégrée au salaire de base (contrairement à la prime d’ancienneté qui s’ajoute au salaire de base). Par conséquent, le salarié qui a perçu un salaire supérieur au minimum conventionnel (qui tient compte de l’ancienneté) est rempli de ses droits (Cass. soc., 20 oct. 1993, no 90-42.037). A l’inverse, le fait de recevoir un salaire supérieur au total minimum convention + prime d’ancienneté ne signifie pas que le salarié a perçu sa prime d’ancienneté (Cass. soc., 17 mars 1999, no 97-40.021).
A noter que la majoration pour ancienneté du salaire minimum étant intégrée au salaire, elle n’a pas à figurer sur une ligne distincte du bulletin de salaire (Cass. soc., 10 juin 2003, no 90-42.037).
Sachez-le : si la convention collective (en l’espèce celle des journalistes) stipule que « les salaires minima sont majorés d’une prime d’ancienneté », cela ne signifie pas que cette prime soit réservée aux seuls salariés percevant le salaire minimum. L’employeur ne peut donc refuser de verser une prime d’ancienneté au salarié sous prétexte que son salaire réel est supérieur au salaire minima majoré de la prime d’ancienneté (Cass. soc., 24 janv. 2001, no 98-45.802).
Votre numéro de téléphone est uniquement utilisé pour nous permettre de vous rappeler. Pour en savoir plus sur la gestion de vos données dans le cadre de la gestion du suivi de notre relation précontractuelle et contractuelle, ainsi que sur vos droits, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité.