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Représentativité syndicale : « 3 questions » à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger revient pour Liaisons-sociales.fr sur les résultats, dévoilés le 26 mai, de la troisième mesure de la représentativité syndicale sur la période 2017-2021. Il évoque également les grands chantiers sociaux à mener pour accompagner la sortie de crise sanitaire.

La CFDT vient de conforter sa place de premier syndicat dans le secteur privé. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

Le cycle électoral de 2017 à 2021 a été compliqué en termes de climat social. Par conséquent, c’est une satisfaction pour la CFDT d’arriver première, de creuser l’écart avec la CGT et de s’être ancré dans le monde du travail au niveau des salariés du privé. Nous sommes satisfaits d’être premier en général, mais également chez les cadres. De plus, nous avons conforter nos places là où nous étions déjà présents. Cependant, il y a une vision plus pessimiste si on considère la baisse du nombre de voix, qui est lié au cycle électoral également.

Comment analysez-vous la baisse sensible du taux de participation par rapport à celui mesuré en 2017 ?

Il me semble qu’il faut regarder ça sur l’échelle démocratique au sens très large du terme. Nous avons des élections législatives où il y a moins de 15% de participation. Il y a même des endroits où ce taux est inférieur à 10%.
Premièrement, je crois que nous avons une inquiétude, qu’il faut partager avec tous, quant à la participation au recul dans les consultations démocratiques.
Deuxièmement, dans le monde du travail, les ordonnances de 2017, ont distendu le lien entre les représentants des salariés et les salariés eux-mêmes.
En mettant fin aux délégués du personnel, en ne mettant pas en place les représentants de proximité dans beaucoup d’entreprises, nous avons éloigné les salariés de leurs représentants. Quand nous éloignons les salariés de leur représentant, nous créons de la distance avec l’élection. Nous le voyons très bien dans la vie politique. Cependant je tiens à dire une chose. Là où il y a des CSE, le taux de participation a été de 57%. Pas de 10 ou 15%. Par conséquent, il y a une vraie légitimité dans cette élection donnée aux organisations syndicales. Mais on doit s’inquiéter de cette distance qui s’est créée, encore une fois, à cause des ordonnances. C’est pour cela que la CFDT réclame la mise en place de représentants de proximité. Afin que chaque salarié ait quelqu’un de référence à qui s’adresser pour le représenter.

Quelles revendications entendez-vous porter pour accompagner la sortie de la crise sanitaire ?

Il y a deux éléments très forts post-Covid, lorsque nous allons revenir à la normale.
Il y a un élément organisation du travail au travail et un élément emploi.
Premièrement, sur l’élément organisation du travail et vie au travail, il va falloir être extrêmement attentif à la façon dont on recréer des collectifs de travail. Mais également à la façon dont on rediscute des organisations du travail, qui ont été totalement bousculées, et qui vont continuer de l’être sans doute avec un télétravail qui va s’installer. Par conséquent, nous avons besoin de davantage de négociations sur l’organisation du travail. Cela sera un de nos axes prioritaires de revendication dans les entreprises mais également au niveau national et dans les branches.