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Discriminations au travail : « 3 questions » à Claire Hédon, Défenseure des droits

Claire Hédon, Défenseure des droits, revient sur les résultats du 13e baromètre de la discrimination dans l’emploi dévoilés le 1er décembre dernier par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT).

Quel regard portez-vous sur les résultats du 13éme baromètre des discriminations au travail ?

Tout d’abord, une discrimination c’est une inégalité de traitement dans un des domaines prévus par la loi.
Que ce soit à cause de

  • l’orientation sexuelle,
  • du handicap,
  • ou du sexe (d’être un homme ou d’être une femme souvent d’ailleurs plutôt d’être une femme)

et dans un des domaines fixés par la loi qui peuvent être

  • l’emploi,
  • le logement,
  • l’éducation.

C’est important de savoir ce qu’est une discrimination. Ce qui est assez frappant dans ce baromètre, c’est que depuis 2013, nous avons vu doubler le nombre de personnes qui font des poursuites parce qu’elles ont été victimes de discriminations. Dans les personnes qui ont été interrogés, un quart d’entre elles disent avoir été ou être victime de discrimination. Donc nous voyons bien déjà l’ampleur du phénomène.

Le deuxième point intéressant de cette étude, c’est ce que ça montre en termes de dynamique des discriminations et d’impact des discriminations, ainsi que des conséquences à plus long terme.
On s’aperçoit, dans cette enquête, que cette discrimination n’arrive pas d’un seul coup.
Il y a simplement 0,1% des personnes qui ont été victimes de discrimination, qui disent ne pas avoir été victimes avant de propos déplacés, de harcèlement.
Nous voyons finalement que cette discrimination, c’est un continuum. Cela commence quelques vannes, quelques blagues sexistes de mauvais goût où les personnes trouvent que c’est drôle.
Et bien au contraire, ce n’est pas drôle parce que ça fait le lit de la discrimination.
Il est très important de le comprendre, ça n’arrive pas d’un seul coup et donc il y a une progression.

Quelles sont les conséquences de ces agissements discriminatoires sur les victimes ?

Ce baromètre nous montre l’impact pour les victimes sur l’emploi, leurs difficultés dans leur parcours professionnel, leurs craintes de ne pas vouloir postuler sur un poste.
Nous voyons des conséquences psychologiques importantes en termes de santé mentale, en termes de dépression, en termes de difficultés même de douleurs, de difficultés de santé. Et puis, le dernier point, c’est l’impact sur la vie familiale. Cela aussi est important car cela va avoir un impact sur la famille, sur le conjoint et sur les enfants. Cette enquête nous montre, avec ce baromètre sur les discriminations dans l’emploi, que ça a un impact à long terme et sur différents domaines de la vie. Nous pourrions considérer que la discrimination handicape la vie sur le long terme.

Comment mieux lutter contre ces formes de discrimination ?

Tout d’abord, ce qui est important, c’est de mettre en place une politique globale qui intègre l’ensemble des acteurs de la société. Il est nécessaire d’agir sur les domaines suivants :

  • Une meilleure connaissance du sujet. Donc il faut à la fois mener des enquêtes qui permettent d’évaluer l’ampleur de ces discriminations, ce qu’on a commencé à faire, mais il faut le faire avec une plus grande ampleur;
  • Mener des campagnes de sensibilisation massives, importantes, pour que d’abord, les personnes réalisent qu’elles peuvent avoir des actes discriminatoires et que les personnes discriminées aient aussi conscience qu’elles le sont;
  • Il est important d’avoir des indicateurs non financiers dans les entreprises qui permettent de tenir compte justement de ces questions de discrimination;
  • Des sanctions, parce que c’est la seule manière de faire comprendre que ce n’est plus possible. Et puis aux personnes qui sont victimes de discrimination, une reconnaissance de ce sur quoi elles ont été victimes;
  • Mener des actions de prévention. Il y a toute une partie de la lutte contre la discrimination qui passe par l’éducation, la sensibilisation. Il faut alors commencer le plus tôt possible, dès le plus jeune âge.

Cette lutte contre les discriminations est absolument une priorité, c’est en luttant contre les discriminations que nous redonnerons confiance dans notre société. Une pensée particulière pour les jeunes qui peuvent être victimes de discriminations dues à leur origine, dues leur orientation sexuelle, dues au fait que ce sont de jeunes femmes. C’est en luttant contre ces discriminations qu’ils retrouveront confiance dans notre société.