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Crise sanitaire : "3 questions" à Catherine Chavanier, DRH de Radio France

Catherine Chavanier, la DRH de Radio France, revient sur la gestion de la crise sanitaire au sein de la « maison ronde » et sur les leçons RH qu'elle tire de cette séquence.

Comment vos équipes RH ont-elles géré cette crise sanitaire ?

Les équipes RH de Radio France, comme l’ensemble des équipes de Radio France, sont passionnées par leur travail, ce qui est une des marques d’une entreprise comme la nôtre de service public.
Nous avons géré cette crise avec des principes ainsi qu’avec des lignes directrices.

Le principe, c’est de porter attention à chacun, à sa santé et à sa sécurité.
Les lignes directrices sont :
La santé avant tout avec un médecin du travail qui est au centre du dispositif, en limitant au maximum le nombre de personnes qui travaillent sur site ainsi qu’en mettant en place toutes les mesures de sécurité en les faisant évoluer au fur et à mesure que nous apprenions des choses sur la pandémie.

La sécurité, mais cette fois-ci, matérielle puisqu’en fait, nous avons de nombreux collaborateurs dont la rémunération dépend vraiment de l’activité. Par conséquent, nous avons mis en place, pour ces salariés, qui sont des salariés non-permanents de l’entreprise, des mesures de maintien des rémunérations.

Nous avons mis en place une cellule de crise RH en regard de la cellule de crise de l’entreprise, nous avons renforcé l’animation de notre réseau RH, nous avons renforcé la communication interne avec un véritable fil rouge de mails de communication qui arrivaient quasiment tous les jours pour les salariés, nous avons également utilisé des tchats, des conférences vidéo, des guides un peu plus particuliers, notamment pour les salariés à distance et pour les managers.
Nous avons eu un dialogue social très fourni puisque chaque semaine se réunissait une CSSCT centrale (commission Santé Sécurité et Conditions de Travail) et 5 CSSCT d’établissements ce qui nous a permis, à travers une véritable relation d’équipe avec nos élus, d’assurer une compréhension, une cohérence et une pertinence de nos mesures.

En tant que radio avec une mission de service public, aviez-vous des contraintes particulières à gérer pendant cette crise ?

En temps de crise, il faut assurer la continuité de l’information. Cette continuité, on l’assure au travers de trois radios :
France Inter, notre première jeune radio généraliste,
France Info, radio d’information,
France Bleu, qui, avec ses 44 radios locales, assure toute l’information de proximité.
Par conséquent, premièrement, il fallait assurer la continuité de cette information et deuxièmement assurer sa fiabilité et son illustration à travers de reportages. Donc il a fallu organiser tout un dispositif, basé sur le volontariat et sur des mesures de sécurité extrêmement strictes, de reportages sur le terrain.

Notre deuxième mission, pour aller un peu plus loin, a été également de permettre à nos auditeurs d’avoir des prises de respiration. nous avons très rapidement intégré de l’humour, de la culture et puis évidemment une mission d’éducation pour les enfants qui n’étaient pas scolarisés à ce moment-là.

Quelles leçons RH tirez-vous de cette crise ?

Nous avons organisé, à partir du mois de mai 2020, une enquête de perception. Ainsi, nous avons interrogé 6000 salariés. Il faut savoir que Radio France compte 4500 salariés permanents, 4500 intermittents parmi lesquels nous avons 1500 salariés et pigistes qui sont très réguliers.

Tout d’abord, sur les aspects collectifs, nous avons été assez performants. Ils ont perçu de manière plutôt positive la manière dont on a géré cette crise avec les mesures collectives et les mesures de sécurité. Ils ont également perçu de manière très positive la manière dont le collectif des salariés a agi, ils se sont sentis soutenus par les collègues.

En revanche, sont également remontés deux points d’attention.

Premier point d’attention, qui tient moins à l’entreprise mais qui générera plus d’attentes, c’est la sérénité personnelle face au contexte. Donc nous savons que nous avons des salariés qui sont en train de reprendre le travail sur site sans être tout à fait sereins et peut-être un peu abîmés par cette crise, mais comme tous les Français.

Deuxième point d’attention concerne l’organisation du travail, la manière dont ils se sont organisés de manière personnelle donc surtout l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle, la manière de gérer les horaires, la manière de gérer la charge de travail.

En conséquence, ça va nous demander des actions particulières que nous avons déjà démarrées. En effet, nous savons que le travail à distance et la crise ne sont pas terminés. Par conséquent, nous avons tout de suite mis en place, en concertation avec nos syndicats, une charte sur le travail à distance en temps de crise qui nous permet de cadrer ce travail à distance.

Nous nous sommes également engagés, bien sûr, à mettre en œuvre des négociations à l’automne.En vue d’arriver à un accord, cette fois-ci sur le télétravail. Mais également d’enchâsser cet accord de télétravail dans un accord beaucoup plus large qui serait un accord de qualité de vie au travail. Nous avons eu des collaborateurs, au sein de cette entreprise, qui se sont particulièrement engagés dans cette crise, qui ont su faire évoluer leurs méthodes de travail, qui ont su être très réactifs et nous savons que leurs attentes d’organisation du travail seront à la hauteur de cette réactivité.